“La femme aussi intelligente que l’homme ?” Un billet d’humeur

Le 5 décembre 1932, paraissait dans les colonnes de L’Intransigeant un article de André Laphin, intitulé “Une controverse. La femme aussi intelligente que l’homme ?…” Relire, quatre-vingt deux années après, l’interview du chanoine Coubé qui affirme que :

“Les grandes femmes sont rarissimes; ni dans les sciences, ni dans les arts, ni dans aucune manifestation de l’intelligence “qui conduit les peuples”, elles ne rivalisent avec les hommes. […] Les femmes sont inaptes à tout ce qui exige de l’abstraction, a dit Paul Valéry.”

devrait me faire sourire, en pensant à un temps lointain où l’homme avait cette croyance naïve d’une supériorité intellectuelle, et même d’une supériorité tout court. Mais il arrive encore de nos jours, qu’au détour d’une conversation, un être humain possédant un chromosome Y, se vautre dans l’ignorance face à un être ayant une paire de X. Peut-être, une autre paire féminine lui aura rendu l’esprit malade, ou s’accroche-t-il à de vieux réflexes culturels. Car au pays du machisme et du sexisme, la femme est au mieux une icône idéalisée, au pire la ménagère absorbée dans les taches de la vie quotidienne, toute dévouée au mari.

Ce qui me dérange avant tout, c’est cette volonté de restreindre à quelques stéréotypes bien rodés une femme. A vouloir trop conceptualiser, le philosophe (ou l’anti-philosophe qui est en fait un philosophe, et dont la parole ne doit pas se faire dogme, car tout le monde peut dire des absurdités (abattez les statuts de vos maîtres)) se perd dans un monde fictif, que l’expérience viendrait contredire. Il me serait impossible de résumer en quelques mots les hommes, et même un homme, sans tomber sous une vision nécessairement réductrice. Il en est de même pour les femmes, et une femme. Limites du langage. Nous ne pouvons que faire des portraits, c’est-à-dire la fixation d’une image de l’être mouvant.

Mais c’est avec désespoir que certains se rattachent à leur concept de femme, comme Blanche-Neige attend dans son sommeil le baiser du prince charmant. L’amour pour les images idéalisées ne peut conduire qu’au désarroi profond de l’amant délaissé. Le plus grand macho est aussi le plus amoureux de SA femme, irréelle.

Ce n’est donc pas une apologie de la femme sur l’homme, mais un appel à une considération égale de tout être. Et là se situe le véritable féminisme, loin de la caricature que certains en font. Soyez équitablement misanthrope, soyez équitablement philanthrope.

Et ce n’est pas parce que j’exècre les magazines de mode, que j’ai abandonné au quotidien maquillage et talons aiguilles, au profit d’une attention toute concentrée sur les arts et la philosophie, et autres clichés naïfs, que je ne suis pas une femme. Un homme qui n’aimerait pas le football, les pizzas et les jeux vidéos, n’en deviendrait pas pour autant une femme (mais l’on pourrait douter de son statut d’être humain, existe-t-il une personne pour ne pas aimer les pizzas ?).

Parce qu’il est loin le temps de Marylin, le cinéma s’attache désormais à d’autres figures féminines, telles Joe de Nymphomaniac ou Amy Elliot-Dune du très actuel Gone Girl. Et moi j’aime ça.

Advertisements
This entry was posted in féminisme and tagged . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s